Paul Codaccioni

Hubert KODAK dans la Résistance


Plaque mémorielle apposée dans le couloir du télégraphe au 1er étage jusqu’au départ des services de ORANGE en 2012. Elle a été préservée jusqu’à aujourd’hui. Elle a rejoint un mur mémoriel situé à l’entrée du bâtiment, coté grands escaliers ainsi que les plaques commémorant d’autres victimes de l’occupation nazi .


Jean-Paul Chiny et Robert Mencherini présentent la nécropole de Signes et retracent les circonstances des massacres qui s’y sont déroulés en juillet et août 1944

Né le 23 novembre 1888 à Bonifacio (Corse), fusillé le 18 juillet 1944 à Signes (Var) ; contrôleur principal des PTT ; syndicaliste CGT ; résistant, membre des Mouvements unis de la Résistance (MUR), chef régional de la Résistance PTT.

Fils d’instituteur, marié, père d’un enfant, résidant à Marseille (Bouches-du-Rhône), Paul Codaccioni était contrôleur principal des PTT. Il avait passé le concours du surnumérariat et était affecté au Central télégraphique de la Grande Poste Colbert. Il militait à la CGT confédérée avant1936. En avril 1934, à la suite des décrets-lois du ministère Gaston Doumergue frappant les fonctionnaires, il participa à plusieurs arrêts de travail d’une heure, notamment au télégraphe. Ces mouvements ayant entraîné des sanctions contre le personnel, il rédigea, le 14 avril, au cours d’un meeting des postiers, l’ordre du jour de protestation contre la politique gouvernementale. Entré dans la Résistance, il devint le responsable du service des liaisons téléphoniques et télégraphiques des MUR pour la R2 (la Provence). Ses qualités de technicien lui permirent de mettre sur pied une « formidable organisation » d’après Le Provençal du 20 septembre 1944 qui assurait les liaisons entre les divers groupements de la Résistance « à la barbe de la Gestapo ».Son adresse fut trouvée parmi les documents du Noyautage des administrations publiques (NAP)saisis par Ernst Dunker (Delage), homme clé de la section IV de la Sipo-SD en juillet 1944. En outre, l’un des agents de liaison de « Kodak », Éliane Eldin, avoua qu’elle lui apportait des plis à l’angle de la rue Colbert. Il fut arrêté chez lui le 15 juillet au soir par Dunker et son équipe. Il n’avoua rien lors de l’interrogatoire, même pas son pseudonyme. Il porte le numéro 21 dans le rapport « Antoine » dans lequel Dunker fait le bilan de cette vague d’arrestations.

Les quelques lignes qui lui sont consacrées dans le rapport « Antoine » se terminent par la formule « Il… a été… le 18 ». De fait, Paul Codaccioni fut fusillé à Signes dans le Var (voir video ci-contre) le 18 juillet 1944 et enterré de manière sommaire avec 28 autres victimes dans la « première fosse ». Sa dépouille, transportée le 17 septembre à la morgue du cimetière Saint-Pierre à Marseille (cercueil 706), fut parmi les 32 premières identifiées. Le médecin légiste constata que la langue était serrée entre les arcades dentaires. La colonne vertébrale côté gauche avait été légèrement touchée par un projectile sans provoquer de fracture. De la terre était présente dans le larynx. La conclusion du médecin est formelle : la victime, blessée par un projectile, a été enfouie avant sa mort. Celle-ci est due à une asphyxie. Paul Codaccioni est l’une des deux victimes enterrées vivantes.

Le conseil municipal de Marseille décida, dans sa séance du 19 juillet 1945, de donner le nom de Paul Codaccioni à la rue Clotilde dans le 7e arrondissement de Marseille. La cérémonie eut lieu le dimanche 18 novembre 1945. Son nom est également gravé sur le monument aux morts de Bonifacio. Paul Codaccioni a été reconnu interné résistant et Mort pour la France. Il fut décoré de la Médaille de la Résistance française et de la Légion d’honneur à titre posthume.

Sources:

Nous remercions le Maitron pour son apport majeur dans cet article : https://maitron.fr/spip.php?article20242, notice CODACCIONI Paul, Noël [Pseudonyme dans la Résistance : Hubert KODAK] par Jean-Marie Guillon, Antoine Olivesi, version mise en ligne le 25octobre 2008, dernière modification le 12 mars 2020.

Robert Mencherini et Jean-Paul Chiny musée de la résistance en ligne: http://www.museedelaresistanceenligne.org/

Georges Raphael