Extrait de l’exposition « 130 ans de l’immeuble Colbert »
Des actions de sabotages ont été déclenchées dès 1941. Elles se multiplient de Juin en août 1944. 39 actions ou sabotages sur Marseille, avec des lignes téléphoniques coupées. L’occupant réagit, enchaine les rafles dans les rues avec l’aide de la Milice et des PPF(1).
Des centaines de patriotes sont arrêtés, torturés avant d’être conduits à la prison des Baumettes où certains seront fusillés.
Les tickets d’alimentation font défaut. La famine menace. En mai 44, une manifestation à la Préfecture est le premier signe de révolte. Les jeunes « télés » de Marseille RP arrêtent le travail à leur tour ; suivis d’une grande partie des adultes…le 27 mai la grève prend l’allure d’une insurrection.. 300 à 400 grévistes sont arrêtés par les allemands. tout Marseille est dans la rue.

Line Ceccaldi et Paul Tancrède, communistes, CGTU(2), avec d’autres militants, ont contribué par la diffusion de tracts remis par les facteurs dans les boîtes aux lettres, au succès de la mobilisation du personnel notamment chez les jeunes.


Paul Codaccioni, socialiste, CGT confédéré(2), est arrêté et fusillé à Signes le 18 juillet 1944.
Le 23 août 1944 commence la véritable bataille de Marseille qui durera 4 jours avec l’isolement de la ville par les groupes Marocains, et la réduction des résistances urbaines par les tirailleurs Algériens soutenus par les cuirassiers et les chars de la 1ere division blindée française.
Le 25 août la bataille se poursuit, les derniers nazis encerclés dans notre ville et les traitres criminels épuisent leurs dernières munitions...

« Chaque Postier devient un combattant au service du Gouvernement provisoire de la République française » (GPRF). L’action menée pour l’enrôlement dans les milices patriotiques au sein de l’administration, le sabotage des câbles téléphoniques reliant les îles du Frioul à Toulon, la « prise du central national les armes à la main » ont laissé des souvenirs vivaces dans l’esprit du personnel des PTT ».
26 et 27 août 1944, les derniers points d’appui allemands sont réduits au silence.
L’action clandestine ne s’est pas résumée à l’action revendicative, ainsi la substitution des lettres de dénonciation et constitution de groupes armés sont à l’actif de la Fédération Postale clandestine. Un détachement prit d’ailleurs le nom d’Auzias, fusillé à la centrale d’Eysses. Les unitaires sont à l’origine de toute cette activité résistante au sein de la corporation des PTT… Les confédérés ont participé eux aussi à la lutte clandestine armée, mais n’ont pas cherché à s’implanter dans le milieu professionnel.


Témoignage de Paul Tancrède extrait de l’ouvrage:
« 1938-1945 Les communistes face à la tourmente dans les bouches du Rhône »
(1)Le Parti populaire français ou PPF (1936-1945), fondé et dirigé par Jacques Doriot, était le principal parti politique d’inspiration fasciste français en 1936-1939 et l’un des deux principaux partis collaborationnistes en 1940-1944.
2) 2 courants existaient dans la CGT, les unitaires(CGTU) et les confédérés (CGT).
